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Union vraie ou fausse dans l’église?

Quel est le problème avec l’œcuménisme?

La naissance de l’œcuménisme en tant que mouvement structuré correspond à la tenue de la Conférence Internationale des Missions à Edinborough, en 1910. Cette manifestation avait été organisée uniquement à l’initiative de personnes de l’Église protestante à titre individuel qui, voyaient un obstacle à la prédication de l’Évangile dans les discordes et les rivalités interconfessionnelles, et cherchaient à établir les conditions nécessaires à l’unité. On peut même considérer dans cette optique que le mouvement pentecôtiste classique portait aussi des traits de l’œcuménisme mais strictement au sein du protestantisme. A ce stade, la question du rapprochement vers l’Église catholique ne se posait même pas à cause des différences théologiques insurmontables subsistant depuis des siècles.

L’Église catholique romaine pour sa part gardait encore ses distances par rapport à ce mouvement. Pius XI avait averti ses fidèles dans une encyclique rigoureuse que „celui qui se rapproche de cette unité, va saper l’idée de la vraie religion et finira par aboutir à l’athéisme.” Mais son successeur, Jean XXIII reconnaissant „l’esprit des temps” a convoqué un nouveau Concile en 1962 au Vatican, dont l’un des principaux objectifs était déjà l’œcumené, la promotion de l’unité des chrétiens. Les décisions du Concile qui siégeait durant trois ans ont été prises dans cet esprit, et aussi un décret fut rédigé sur l’œcuménisme (Unitatis Redintegratio). Bien que l’Église catholique n’ait toujours pas adhéré au Conseil Oecumique des Églises – qui est considéré comme un des forums les plus importants du mouvement oecuménique et qui créé officiellement en 1948, est essentiellement composé de confessions protestantes libérales – et que cela n’en fasse pas partie de ces projets pour le futur non plus, elle collabore aux travaux de ses différents comités.

Des observateurs en dehors de l’Église catholique furent également invités au Concile, et s’y s’y rendirent – chose qui se produisait pour la première fois depuis la Réforme – et qui se mirent à parler du changement irréversible de l’Église catholique. S’agissait-il vraiment d’un changement ou est-ce que Rome ne faisait que poursuivre les mêmes buts par d’autres moyens ?

 

La Bible

…Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous sommes un. Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité.

Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que c’est toi qui m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, - moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux.

(L’Évangile de Jean, chapitre 17)

L’Esprit de vérité et d’unité

Le décret conciliaire a défini plusieurs forums pour la collaboration œcuménique avec les protestants. Le point de départ peut être la coopération dans le domaine caritatif comme le secours des plus pauvres de la société ou bien toute coopération dans la lutte commune pour atteindre des objectifs considérés comme importants par les deux côtés. Un exemple en était l’initiative qui eut lieu en 1994 entre dirigeants chrétiens évangéliques et membres du clergés catholiques américains dans la lutte contre l’avortement. Le Vatican mit un grand accent sur le rapprochement œcuménique et encouragea ses fidèles laïcs à se rapprocher de „leurs frères” protestants afin de mieux connaître leur vie chrétienne respective.

Néanmoins, au cours du Concile on s’occupa premièrement des bases théoriques pour parvenir l’unité spirituelle, ce qui dans la manière de voir catholique „peut trouver sa plénitude dans la célébration commune de l’eucharistie.” Or, parmi les modèles d’unité, c’est justement celui-ci qui risque d’aboutir à ce que le protestantisme abjure les fondements de son héritage, remettant en cause le sens du sacrifice des martyrs de l’époque.

Les protagonistes de l’œcuménisme se réfèrent souvent à la prière sacerdotale de Jésus – dans laquelle Il demandait à son Père que ses disciples soient tous uns pour que le monde puisse croire en Lui (Jean 17:21) – et soulignent que leur mouvement est initié par le Saint Esprit dans le but de voir cette unité se réaliser. Cependant, Jésus priait expressément pour la réalisation d’une unité parmi ceux qui le suivent, qui a pour exemple l’unité entre le Père et Lui (voir l’encadré). Les psaumes prophétisant sur les souffrances du Christ (p.ex. le Psaume 22) révèlent que cette unité se basait sur la vérité de Dieu, et que dans la phase du plan du salut au cours de laquelle Jésus s’identifiait aux péchés du monde, cette unité a été interrompue. Dans sa prière sacerdotale Jésus priait – comme condition première de l’unité – pour que le Père sanctifie ceux qui le suivraient dans tous les âges par la Vérité, qu’ Il  définissait sans aucune ambiguïté en poursuivant: „Ta Parole est la vérité.” En ce qui concerne le Saint Esprit, Il en parle  comme étant l’Esprit de vérité (Jean 14:17) ce qui implique que dans toutes ses actions – y compris la réalisation l’unité spirituelle – sont en accord avec la Parole de Dieu et son œuvre a toujours comme objectif d’affermir l’autorité de la Parole. Ce fut  exactement l’effet le plus direct de la Réforme, qui eu pour conséquence la redécouverte des vérités bibliques, ouvrant la porte aux réveils spirituels de l’histoire moderne.

Bien que les tentatives d’unification allant à l’encontre des principes protestants n’aient connu de l’ampleur qu’au cours des dernières décennies, le phénomène lui-même à ses tous débuts, avait déjà retenu l’attention des chrétiens vigilants. Charles Spurgeon, le célèbre prédicateur de Londres prêchait avec véhémence du haut de sa chaire contre l’unité dépourvue de principes des chrétiens, déjà dans la deuxième moitié du XIXème siècle.  Il est intéressant de citer plus longuement ses paroles puisqu’elles mettent à jour des principes bibliques concernant l’unité spirituelle, qui méritent encore plus aujourd’hui d’être pris en considération. (voir l’encadré).

Charles Spurgeon sur l’unité spirituelle

„… Nous sommes envoyés de nos jours comme des agneaux au milieu des loups; peut-on trouver un terrain d’entente ? Ils nous ont fait brûler sur les bûchers afin que nous brûlions dans les ténèbres; peut-on trouver un terrain d’entente ? Ou Christ n’a-t-il pas lui-même dit?: ”Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.”  Comprenez bien que c’est la façon la plus juste de préserver l’unité de l’Esprit parce que Christ est l’homme du combat  tandis que Jésus apporte la paix. Or, pour pouvoir créer une paix spirituelle durable il faut détruire la phalange du Mal et mettre en pièces l’unité des ténèbres. Je prie pour que Dieu nous préserve pour toujours de toute unité qui se fait au mépris de la vérité, qui consistent à arrondir les angles, et où les traits nobles et viriles qui sont l’apanage du chrétien héroïque, sont remplacées par des épanchements efféminés sur l’amour. Que le Seigneur nous débarrasse de l’indifférence vis-à-vis de Sa parole et de Sa volonté, qui est à l’origine de cette unité qui se réalise dans une ambiance glaciale qui gèle tout sur son passage à vingt lieue à la ronde; l’unité des morts sommeillant dans leur tombe, qui ne luttent plus pour rien parce qu’ils n’ont plus part aux biens de ce monde. Il existe une sorte de paix qui se dissout rarement: l’unité des diables qui, soumis au service de leur maître puissant, ne se contredisent jamais et ne se cherchent pas querelle – que Tu nous préserves de cette terrible unité, ô Dieu des cieux!...Détruire en brèche toute unité qui n’est pas basée sur sur la vérité, revient à construire celle qui vient du Saint Esprit.

(The C. H. Spurgeon Collection, The Metropolitan Tabernacle Pulpit, Vol. 11, 3–4. p.)

Un mariage particulier

Un livre popularisant l’œcuménisme raconte comment J. Wanke, évêque d’Erfurt se servait d’ une comparaison pour résumer la relation œcuménique entre catholiques et  protestants, à l’occasion des journées catholiques allemandes de l’an 2000: „Nous ne sommes pas encore mariés, mais certainement nous sommes déjà des fiancés qui ont besoin de signes tangibles qui veulent dire: nous ne pouvons plus nous passer l’un de l’autre.”

Toutefois, cette comparaison qui peut paraître frappante, évoque pour beaucoup de protestants des images bibliques et des expériences historiques  loin d’être rassurantes. En 1572, c’était précisément la cérémonie de mariage célébrée entre la sœur du roi de France et le chef des Huguenots qui semblait bien être le symbole de la restauration des relations entre les catholiques et les protestants, qui - „sur un signe tangible” – se transforma en massacre au cours de la Nuit de la Saint Barthélémy. Le carnage qui visait l’extermination „des hérétiques” fit plus de vingt mille victimes, selon d’autres sources cinquante mille parmi les Huguenots. En apprenant la nouvelle, Grégoire XIII célébra une messe de reconnaissance à Rome. On pourrait encore énumérer les cas où Rome a leurré et berné avec charme ses opposants religieux qui ensuite payèrent de leur vie leur naïveté. En 1641, à Ulster, des catholiques irlandais massacrèrent par milliers, au milieu de brutalités terribles les protestants anglais qui s’y étaient installés au début de ce siècle et qui croyaient pouvoir désormais habiter avec eux en toute tranquillité et sécurité. Celui qui penserait que Rome n’autorisait de tels moyens qu’au Moyen Age, se trompe bien. Seulement deux décennies avant le Concile de Vatican II où a été formulé ainsi avec un cynisme sournois: „il ne faut plus se préoccuper de savoir qui a eu tord, qui était coupable, mais l’essentiel est de supprimer la division”, les oustachas croates au service du nazisme – avec la bénédiction totale du clergé catholique – assassinèrent avec une telle cruauté des masses entières de prêtres et de fidèles orthodoxes, qu’elle provoqua la stupeur même de la part du commandement allemand pourtant „entraîné”. Ailleurs, ainsi en Hongrie ils trouvèrent d’autres moyens, plus paisibles en général pour la recatholisation des masses converties au protestantisme

Fuite en avant, mais vers où?

Pour les groupes protestants, dont tout un passé de persécution derrière eux détermine leur arrière-plan psychologique,  l’un des moteurs principaux de leur velléité à trouver une unité dépourvu de principes avec Rome est le besoin de sécurité. Mais ce qu’ils peuvent recevoir en échange, le prophète Amos nous en donne un aperçu sous forme d’une image qui se rapporte aux derniers temps, quand quelqu’un fuyant devant un lion se cache dans une maison (pour le mot maison la Septante emploie exactement le mot qui est à l’origine du terme œcumené). Or, tandis qu’il s’adosse au mur, et qu’il est sur le point de se sentir en sécurité, un serpent le mord subitement. La déclaration suivante qui provient de David du Plessis, l’un des propagateurs pentecôtistes les plus célèbres du mouvement œcuménique est tout à fait surprenante, elle témoigne d’ une mentalité qui reflète un sentiment d’infériorité bizarre: „Jusqu’ici on nous appelaient hérétiques, maintenant nous sommes des frères séparés. Ce fut un acte magnifique de pardon [?!] de la part du Saint Père.”

Dans le même passage le prophète Amos s’exprime au nom du Seigneur sur le culte de sa nation certes accompagné d’un grand tralala, mais qui constituait un compromis au niveau de la vérité: „Je hais, je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je n'y prends aucun plaisir; et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, je ne les regarde pas. Éloigne de moi le bruit de tes cantiques; je n'écoute pas le son de tes luths.”

 

Rugissement de lion ou chant de sirènes?

L’Église romaine applique des tactiques différentes vis-à-vis des diverses générations de croyants protestants. Vis-à-vis de ceux qui ont décidé eux-même de couper les ponts avec le catholicisme et deviennent des croyants engagés, elle les accuse de vivre dans dans le péché de la séparation. En effet, ces gens savent très bien pourquoi ils ont quitté les doctrines et pratiques catholiques. Il s’agit pour eux d’un commandement biblique puisqu’à leurs yeux c’est l’Église catholique qui s’est détachée de la vérité, ainsi, à leur encontre, il ne reste que la technique de les discréditer. Ce qui reste une réussite mitigée vu les récents réveils néoprotestants en Amérique latine. Selon les statistiques du Vatican, rien qu’au Brésil, dans la plus grande nation catholique du monde,  chaque année 600.000 membres de l’église prennent la décision de se soumettre à l’ autorité exclusive des Saintes Écritures tout en rejetant une fois pour toute les anciennes  pratiques religieuses.

Ce sont par d’autres moyens que le Vatican cherche à gagner ceux qui appartiennent au protestantisme depuis des générations. Il se base sur l’hypothèse que le feu qui brûlait dans le cœur des pères finira tôt ou tard par s’éteindre dans celui des fils à cause du matérialisme religieux. Ceux-ci– surtout en voyant la velléité de rapprochement  dans une ambiance amicale si „désarmante”- finiraient par ne plus comprendre pourquoi leurs aïeux avaient tenu à prendre leurs distances „si hardiment” dans telle ou telle question. Quant à l'œuvre de Dieu sur terre, il ressort de l’histoire des réveils des époques bibliques ou contemporaines que le plus grand défi à longue terme est lié au  renouvellement des générations. Est-ce que la première génération va-t’elle réussir à transmettre sa motivation spirituelle et son engagement à celles qui la suivent? C’était le seul facteur que Dieu considéra quand Il choisit Abraham pour baser l’avenir de toute l’histoire du salut sur la relation établie avec lui. „Parce que je sais de lui qu’il commandera à ses fils et aux fils de sa maison après lui d’observer la voie de l’Éternel, de faire justice et de respecter la loi et la voie de l'Éternel pour que l’Éternel accomplisse tout ce qu’il avait dit à Abraham.”

Les  luthériens, réformés et anglicans – mais voire même les pentecôtistes comme nous l’avons vu plus haut – ne sont plus appelés hérétiques par l’église romaine, mais „frères séparés”. Bien que cette expression soit certainement perçue comme un geste amical par beaucoup, tous les deux termes posent problèmes. D’une part cela laisse sous-entendre que les institutions romaines continuent à considérer qu’ils relèvent de celles-ci, d’autre part qu’ils ne sont engagés que momentanément sur des voies divergentes. Ce qui laisse inévitablement deviner une intention de recatholisation derrière leur velléité de  rapprochement. Mais avec quelle tactique?  Cela fut  ouvertement dit au cours du dernier concile: en ce qui concerne la période de coopération œcuménique ( ou bien la phase qui la suit?) on distingue la phase, „au cours de  laquelle est offert un enseignement préparatoire à certaines personnes, qui aspirent à la totalité de la communion catholique et elles seront reçues.” Cette déclaration doit être évaluer en corrélation avec une autre, émise au même endroit, de la bouche de l’évêque allemand Frings: „L’inquisition et ses méthodes ne correspondent pas à l’époque actuelle, son activité suscite  une indignation générale…” Étant donné que l’application d’une contrainte extérieure n’est pas conformes aux circonstances de l’époque, il faut donc recourir à d’autres moyens – c’est-à-dire susciter un désir dans  le cœur des „frères séparés”, tout comme Odyssée qui écoutait les chants des sirènes – pour qu’ils soient prêts à retourner de leur plein gré là où - sans en mesurer les conséquences - leurs aïeux refusaient de retourner au prix même de leur vie.

L'appellation de „frères” est dans bien des cas problématique puisqu’elle n’est légitime et appropriée qu’entre les personnes issues du même père ou de la même mère. L’homme nait de nouveau par la Parole de Dieu au travers due baptême d’eau et du Saint-Esprit, ce n’est qu’après qu’il peut appeler Dieu son Père en toute bonne conscience. Néanmoins, l’expression de la „nouvelle naissance” – bien qu’également utilisée par les catholiques tout comme c’est le cas avec les autres expressions couramment utilisées dans les communautés néoprotéstantes, signifie quelque chose de radicalement différent pour les catholiques. La panoplie de l’œcuménisme se caractérise par une „terminologie en caoutchouc” qui est familière aux oreilles des croyants évangéliques, bien qu’ elle continue à recouvrir en même temps les notions sacrales catholiques sans que leur contenu ne change d’un pouce.

Immuable

Le livre des Proverbes dévoile les techniques utilisées par la femme qui veut jeter son filet sur les jeunes hommes insensés pour leur offrir une union illégale. „Elle le séduisit à force de paroles [dans l’original il est  écrit: enseignements], elle l’entraîna par ses lèvres doucereuses.” (Proverbes 7:21) Comme il existe dans les Saintes Écritures un parallèle étroit entre union sexuelle et spirituelle – qu’il s’agisse d’une union légitime ou non – cette image n’est pas seulement instructive au sens littéral, mais également au sens figuré.

Le concile de Vatican II n’a rétracté aucun de ses nombreux enseignements appelés hérétiques par les réformateurs, de plus il affirme au sujet des plus graves qu’ils n’ont pas changé et qu’ils ne peuvent l’être. En même temps, il sollicite l’unité spirituelle de la part de ses partenaires protestants. Sa devise est celle-ci: „Élevons-nous enfin au dessus des contraires insurmontables qui nous séparent et portons nos regards vers ce qui est commun en nous,ce qui nous relie.” Cette stratégie sert bien son triple but: l’intégration des groupes non catholiques; entraver le départ de ses propres membres au travers des activités œcuméniques, telles que l’étude commune de la Bible; faire obstacle à ce que les non-catholiques annoncent la nécessité de la repentance à ses membres.

Le concile de Trente qui siégea entre 1545 et 1563 fut convoqué pour que Rome mette un terme à la Réforme et en prenne le dessus. Les décrets adoptés à cette fin sont restés en vigueur jusqu’à ce jour, tout comme les textes d’excommunication de la foi protestante. Trente a prononcé 125 anathèmes (malédictions pour la damnation éternelle) portant entre autres également sur les chrétiens qui accordent foi aux vérités bibliques. Pie IV a résumé les décrets du concile de Trente dans son écrit „Profession de foi tridentine” qui est toujours considéré depuis comme un écrit de base de la foi catholique.

Les piliers du Vatican

Les piliers principaux du système doctrinal sont la messe et le saint-sacrement au sujet desquels le Vatican a tenu à remarquer à part qu’il les confirme dans le même sens et avec les mêmes mots que dans la formulation de la clause concernée du Concile de Trente.

A l’encontre de quoi, Luther formulait: „comme on l’enseigne dans la messe et figure également dans le canon de la messe,  la messe est un sacrifice c-à-d. que l’acte de sa présentation nous délivre du péché; ni cette opinion ni les nombreux abus qui en découlent ne sont acceptables, car seul le Christ est Celui qui nous sauve par son sang et non pas  l’acte de la messe.”

Avec cinq siècles de recul,  nous pouvons mettre en balance les mots de Luther: „Toutes les questions se jouent sur le point central de la messe. Car même s’il nous cèdent dans toutes les autres questions doctrinales, ils ne  peuvent pas nous céder là-dessus … Ils se doutent bien que si s’en est fini de la messe,s’en est également  fini de la papauté. Mais ils ne laissent pas que cela se produise. Ils préfèrent nous tuer tous s’ils le peuvent. Et d’ailleurs, la messe c’est la queue du  dragon qui engendre la saleté et les déchets des diverses idolâtries.” (Clauses de Schmalkalden, 2. thèse: sur la messe).

En ce qui concerne le saint sacrement, l’un des écrits de la confession de foi de l’Église réformée, le catéchisme de Heidelberg apporte la démonstration comme quoi, selon l’enseignement de la messe il n’y a pas de pardon par les souffrances du Christ, à moins que.  „le Christ ne soit encore sacrifié chaque jour  par les prêtres à la messe; et que le Christ soit corporellement présent sous les apparences du pain et du vin et doit, par conséquent, y être adoré.. Ainsi la messe n’est au fond rien d’autre qu’une négation du caractère unique du sacrifice et de la passion de Jésus-Christ et une maudite idolâtrie [c.a.d qui mène à la damnation]”.

Le commentaire du catéchisme parue à l’Université Réformée Károli Gáspár, essaie d’atténuer la rigueur de cette déclaration en citant des professeurs catholiques afin de prouver à quel point le point les vues catholiques ont évolué en ce qui concerne une question toute aussi cardinale. Néanmoins, l’ampleur du changement ne peut être mesurée par des opinions individuelles, mais objectivement par les décrets conciliaires et par leur mise en pratique. Une opinion pessimiste en résume l’essentiel: „Plus Rome change, plus elle reste la même.”

Le concile réaffirme que les traditions ecclésiastiques doivent être considérées sur le même plan que les Saintes Écritures et que leur interprétation à toutes deux relève du ressort exclusif du Magistère de l'Église. Cette vue est en contradiction totale avec le principe fondamental du protestantisme „Sola Scriptura”, „Par l'Ecriture seule” du protestantisme. Une confession de foi réformée traite ainsi de cette question: „… nous n’admettons pas comme interprétation juste ou valable des Saintes Écritures celle qui s’entend selon la conception de l'Église Romaine et que les défenseurs de l'Église Romaine veulent tout simplement faire avaler  à chacun. Nous n’admettons comme interprétation valable des Écritures sur le plan chrétien que les interprétations qui ont leur source directe dans les Écritures… De même, nous refusons les traditions humaines qui bien que parées d'appellations attrayantes, comme si elles étaient des traditions divines et apostoliques…, justement c’est en les comparant aux  Saintes Écritures, qu’on se rend compte qu’elles  en divergent et il apparaît évident, qu’elles n’ont rien à voir  avec les apôtres.”  (Deuxième Confession de foi Helvétique). Ce même écrit fait allusion aux paroles de Jésus qui disent clairement que les traditions humaines ne sauraient figurer aux côtés de la Parole de Dieu parce que sinon elles en sapent l’autorité exclusive et nous séparent de Lui, ce qui rend le culte qui Lui est offert vain. Le prophète Ésaïe dénonce sans pitié les hommes hypocrites et au cœur dur qui offrent de tels cultes.

Le Vatican a  classé comme dogmes immuables  ses thèses sur l’Église catholique et sur la papauté, qui reviennent sur le fond à nier la suffisance et la perfection de la foi en l'œuvre rédemptrice du Christ pour obtenir le salut, quand ils disent que ce sont les prêtres qui l’achèvent et la transmettent au moyen des sacrements. De cette manière, l’Église catholique aurait un rôle CO-rédempteur ce qui exclut qu’elle puisse considérer les protestants comme des partenaires à part entière, ni qu’elle puisse envisager une autre alternative à leur intégration en son sein dans le cadre de la réalisation de l’unité. Le document signé par le cardinal Ratinage et approuvé par Jean Paul II (Dominas Jésus) en 2000 le formule encore plus expressément. Celui-ci réaffirme le rôle salvateur de l’église catholique romaine et précise que les églises anglicanes et protestantes n’en sont point dans le vrai sens du terme.

Le concile de Vatican II accentue le rôle imputé à l’institution papale non seulement dans le cadre des dogmes sur l’église mais aussi dans son décret sur l’œcuménisme, déclarant que Christ „a confié tous les  biens de la Nouvelle Alliance au seul collège apostolique romain sous la direction  de Pierre pour en former le seul corps de Christ sur la terre; c’est à ce corps que doivent s’intégrer tous ceux qui en quelque sorte appartiennent au peuple de Dieu”.  Quoique les théologiens de la Curie essaient de prouver que l’œcuménisme ne signifie pas une recatholisation, comment peut-on interpréter autrement le sens de telles déclarations?

La confession de foi protestante résume ainsi les révélations de la Bible: „La tête est celle qui s’élève au dessus du corps, c’est elle qui fait se répandre la vie dans le corps. C’est son  esprit qui coordonne le corps tout entier, et c’est d’elle que provient la croissance. Ainsi, le corps n’a qu’une tête, qui s’assemble au corps. La Sainte Église ne peut donc n’ avoir aucune autre tête que  Christ… Nous désapprouvons donc l’enseignement du clergé romain par lequel il pose en pasteur universel de la Sainte Église son propre prêtre souverain, comme tête suprême, de plus en tant que véritable vicaire du Christ, qui – prétend-on – dispose du plein pouvoir dans l’Église et qui possède le pouvoir suprême sur elle… Christ est le Seigneur et le seul Pasteur universel, et le seul Prêtre Souverain devant le Dieu Père et c’est Lui seul qui remplit toutes les fonctions en tant que Prêtre ou Pasteur jusqu’à la fin du monde. C’est pourquoi Il n’est pas tributaire d’un vicaire,car  seuls les absents  en ont  besoin. Christ cependant est présent dans l’Église, et Il est la tête qui l’a fait vivre.” (Deuxième Confession de foi Helvétique).

En outre, bien d’autres enseignements ont été réaffirmés au cours du dernier concile du Vatican II, que Luther, Calvin et autres jugeaient hérétiques à la lumière des Écritures. Par exemple les dogmes du culte de Marie, l’intercession en faveur des morts, le purgatoire etc.

Au delà de la recatholisation

Or, l’esprit œcuménique du concile Vatican II va bien plus loin que la recherche de l’unité entre les confessions chrétiennes. Plus d’un voient la recatholisaton comme la première phase dans un processus d’intégration spirituelle, ce que laissent entrevoir les documents dans le domaine du syncrétisme des religions. La déclaration sur la relation entre l’Église et les religions non chrétiennes constate: „L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est juste et saint dans ces religions.” Dans son rapprochement des religions du monde comme dans celui vis-à-vis des dénominations chrétiennes, elle veille bien à „apprécier les éléments communs” comme base pour le futur.

Source : Tibor Szőllősi - Nouvel Exode

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